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Nasser Soumi

Watadour


L'HEBDO MAGAZINE N° 2933 du vendredi 24 janvier 2014


L’Orient Le Jour Mercredi 22 janvier 2014

Après les performances de Corps étrangers de la compagnie de danse Mouvoir de Stéphanie Thiersch, et toujours dans le cadre des célébrations du 10e anniversaire du festival Bipod, Maqamat Dance Theatre présente Watadour. Une chorégraphie de Omar Rajeh regroupant plusieurs artistes de disciplines différentes. Entre mouvements corporels, sonores, visuels et graphiques, l’absurde errance.

 Watadour, une performance qui aiguise les sens du spectateur, tous ses sens, tout en affûtant ses perceptions. Watadour emprunte tout autant à la danse et aux mouvements, qu’aux sons, à la musique, aux dessins, à la scénographie, à la conception, aux arts visuels et graphiques, à la création. Watadour, et la terre tourne, et elle continue de tourner entraînant tous ses habitants dans ses mouvements, ses manipulations, en perpétuelle lutte, en perpétuels possibles, tels des marionnettes, des mannequins, des pantomimes, qui tentent encore et encore de lutter, de s’accrocher, de continuer à vivre.

Elle est suspendue dans le vide, une corde, une poulie. Il est allongé sur une plaque circulaire disposée à hauteur de quelques centimètres de la scène. Le corps de Bassam Bou Diab se tord doucement, violemment, fébrilement, dans une sorte de douleur indicible. Mia Habis, elle, reste inerte, suspendue, un corps sans vie, comme dépossédé de soi. Des corps manipulés, dans l’impossibilité d’une rencontre, d’une rencontre corporelle, d’un amour à peine né qu’il en devient impossible. Un attouchement qui n’en est pas un, qui ne peut en être un, parce que les forces manipulatrices de l’univers le tuent avant même sa naissance, avant même sa possibilité. En quelques minutes, les premières minutes de la performance, Watadour suggère le possible et l’impossible, l’imaginable et l’inimaginable.

 

 D’illusion en illusion

Watadour est un projet qui regroupe plusieurs artistes de différentes disciplines autour d’un concept novateur et audacieux. Un concept qui ne manque pas de frissons et de souffles coupés, de puissance et de puissance de suggestion. Jeux visuels, jeux de l’illusion, à plus d’un niveau, le spectateur s’aperçoit, d’un coup, que cette plaque circulaire qui, au début du spectacle, se positionnait en parallèle au sol, se trouve actuellement surélevée d’un côté, penchée, glissant à la verticale. On se promet de faire attention à ce détail, au moment où elle s’élèvera encore à la verticale. Mais le changement s’opère de manière imperceptible, se dérobant au regard, à la perception même, pour imposer, encore une fois, ses revirements. Et c’est là que réside une des forces de la scénographie de Watadour, signée Nasser Soumi. Tout comme les personnages sont happés par l’univers, le spectateur est happé par la scène où éclôt la représentation de son existence, qu’il voit se dérouler, malgré lui.

Une scène, la terre, une mappemonde, un macrocosme, un microcosme, une représentation où deux êtres humains se contorsionnent. A mesure que Sharif Sehnaoui fait rugir sa guitare qui résonne d’une kyrielle de sons et de sonorités, langoureux, violents, lascifs, entraînants, dérangeants. A mesure que Mazen Kerbaje anime la plaque tournante d’ombres errantes, d’errances hallucinées. Leur présence sur scène est aussi subtile que puissante, d’un accord de cordes, d’un vaporisateur ou autres moyens de création, ils redonnent une nouvelle vie aux corps des danseurs.

Un petit bémol toutefois, au niveau de la chorégraphie. Rien de particulièrement nouveau de la part de Omar Rajeh, les mêmes gestes mécaniques semblent se répéter, de performance en performance. L’attention se perd, et fait perdre la fulgurance des premiers moments. Des moments tissés de sensations aiguisées qu’on aimerait garder en souvenir, à mesure que ne cessent de défiler les images fortes de la performance. Des images enrobées de noir et de blanc. Rien que ces tons, ces absences de couleurs, ces non-couleurs, reflétant la totalité des couleurs et leur annihilation en même temps, entre la lutte contre l’impossible et l’impossible qui s’impose, qui impose ses limites et pousse jusqu’à l’extrême, dans les plus profonds retranchements, et l’envie d’espérer, l’obligation de continuer, la condamnation à persévérer, au-delà du désespoir et de l’absurde.





« un cœur qui bat ! qui bat ! qui bat ! »

« Ma mémoire est ma patrie », disait Sarkis au début des années quatre-vingt. Cet Arménien marié à une Turque , ayant vécu toute son adolescence à Istanbul puis la plus grande partie de son existence d’artiste à Paris , où il vit désormais , exposant aujourd’hui dans le monde entier, sait de quoi il parle . Il a utilisé deux mots qui traduisent bien un état d’esprit : Blackout et Kriegsschatz , deux termes de guerre , l’un américain , l’autre allemand pour dire le souci de préserver un territoire et pour imposer sa vision . L’espace de l’artiste , toujours, est à conquérir ; mais son terreau est d’une autre nature , fait de mémoire , d’imaginaire mêlé , avec quoi il se déplace .

Sensations d’une troublante actualité, où les odeurs , les souvenirs tactiles étonnent par des surgissements précis, des flashes presque trop clairs. Sentiments un peu arrangés parfois qui se nourrissent de ce qu’on a entendu dire et qu’on croit avoir vécu. Et puis tout ce qui s’est incorporé, qu’on ne sait pas, qu’on ne sait plus, tout l’invisible… L’art contemporain palestinien s’est élaboré en partie dans l’exil et le déplacement. Il porte en lui la mémoire et le vécu de ce peuple, disent les organisateurs du « Printemps palestinien ». Oui. Mais une grande partie de l’art contemporain, de la modernité est né de l’exil, d’exils de toutes sortes. Exil de la langue pour Kafka, juif tchèque qui écrit toute son œuvre en langue allemande , pour le Polonais Conrad qui devient un des plus grands écrivains de langue anglaise, pour Nabokov, russe chassé par la révolution d’Octobre qui écrit alors une partie de son œuvre en allemand puis en anglais, aux Etats-Unis . Exil physique pour Picasso qui peint la plus grande partie de son œuvre en France, comme Chagall, comme Brancusi, comme Giacometti, comme tant d’autres ,  comme Fritz Lang qui ayant fui le nazisme , devient cinéaste américain comme tant de musiciens , d’interprètes allemands , autrichiens. Exils politiques. Exils liés aux intolérances religieuses. Exils de la pauvreté et de la faim. Exil du refus dont le plus exemplaire reste celui de Thomas Mann.

Est-il si étonnant que tous les exilés se retrouvent dans la nourriture, dans les repas de fêtes où le souvenir se mue, presque toujours, en plaisir. Dans le calcul aussi. On parle la langue du pays d’adoption plus ou moins bien mais on compte dans celle du pays de son enfance .

L’enfance .

L’enfance du souvenir, l’enfance formatrice , l’enfance des verts paradis, j’en ai parlé avec Nasser Soumi assez naturellement lorsqu’ il s’est agi de descendre le plus loin possible dans les tenants et les aboutissants de l’œuvre exposée .

Il est né en 1948, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en Palestine. Il a vécu jusqu’à l’âge de sept ans en Cisjordanie puis en Jordanie, à Irbid, où sa famille s’était « déplacée ». Il reste là jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Il poursuit ses études à Damas, en Syrie, jusqu’en 1977. Après un séjour de trois ans au Liban, il vient s’installer en 1980 en France.

Je ne prétends pas dresser une biographie minimum un peu sèche d’un artiste palestinien exemplaire. Nous savons depuis toujours, mais depuis Malraux précisément, que la biographie de l’artiste c’est la biographie de son œuvre.

Certes. Mais de quoi est faite l’œuvre ? D’où vient-elle ? De quel dépôt d’expérience , de plaisir, de regrets ? Sait-on ce que peut déterminer en nous l’odeur d’une colchique respirée dans un pré, la douceur du ventre  d’un oiseau capturé dans son nid, les petites férocités de l’enfance avec les insectes , un chien, un âne et ses élans généreux, limpides.

Avec un certain lyrisme Nasser Soumi m’a dit à quel point il avait été impressionné par les montagnes de la région où il est né, avec ses champs d’oliviers et ses fleurs innombrables . « Le printemps en Palestine , s’exclame-t-il, ça explose ! C’est merveilleux ! J’ai gardé pour toujours la vision de cette terre rouge et de ce vert des plantes ».

Situé dans le Nord de la Palestine, sur une terre fertile , le village où il est né produisait de l’huile. « Je me souviens parfaitement du moment où les paysans apportaient les olives , les jetaient dans le pressoir. On apportait le pain chaud . On le trempait dans l’huile . On mettait un peu de sel par-dessus. C’était délicieux ! J’ai encore le goût dans la bouche ! » Une partie de cette huile était utilisée pour la consommation courante, une autre pour fabriquer le savon. Ce savon qu’on voit dans l’exposition.

On faisait venir quelqu’un qui connaissait les dosages. On mettait de l’huile dans un container et on le faisait chauffer avec un peu de soude. Après on installait sur le sol des tasseaux de bois et on coulait la pâte qui épaississait. Alors on la coupait en cubes. C’était , un peu , une cérémonie. Elle a profondément marqué Nasser Soumi. Ainsi , lorsqu’ en 1993  il est revenu en Palestine , il n’a pas manqué d’aller visiter Naplouse où l’on produit un savon réputé dans tout le Proche et le Moyen-Orient. C’est là que l’idée de l’utiliser pour une œuvre  a germé…

Depuis longtemps Nasser Soumi travaille en relation avec le lieu. Je me souviens de ses premiers travaux à base de bois rejeté par la mer, de galets ramassés sur la plage, enveloppés d’un maillage serré de ficelles, d’écorces d’orange déployées sur des planches de bois peintes, et surtout de l’indigo qui donnait une belle intensité lumineuse et profonde à tout  cela .

« La Palestine avant mon voyage en 1993 était un pays de rêve que je voyais à travers les souvenirs émerveillés de mon enfance, soupire Nasser Soumi, une sorte d’Utopie. Lorsque j’y suis allé  j’ai trouvé un pays éclaté , j’ai vu des colonies. Ce n’était pas un corps homogène . J’ai essayé de ramasser des traces et de l’impliquer dans mon travail. »


Alors ce travail , en quoi consiste-t-il ?

Très simplement, il s’agit d’installer un plan incliné avec, en son centre, un cube évidé d’assez grande dimension qui le traverse. Le visiteur qui, dans la position normale, ne voit que l’extérieur du cube , est invité à monter sur le plan incliné, à regarder à  l’intérieur. À l’intérieur sont des savons que l’artiste a creusé , où il a mis de l’huile d’olive, une mèche qu’ il a allumé. En se penchant le visiteur découvre cette lumière , cette « âme des choses » comme dit Nasser Soumi et l’odeur de l’huile et du savon.

La vérité sort du puits, dit-on . Verrons-nous dans cette œuvre une allégorie ? L’œuvre d’art , toujours , va au-delà du sens trop  univoque de cette figure de style ; mais on peut y voir une image proche de celle des Visiteurs du soir avec ce couple d’amants statufiés mais toujours vivants et qui défient , au-delà de la mort , le diable furieux , impuissant , qui les flagelle en criant : « Ce cœur qui bat ! Qui bat ! Qui bat ! ». Tout le public français avait compris que l’occupant allemand était visé et ne pouvait  pas empêcher l’âme du peuple français de battre malgré tout.


La petite flamme de Nasser Soumi, « ce cœur qui bat ! Qui bat ! Qui bat ! ».

Michel Nuridsany      1997





L’Orient –Le jour                                                 

Culture Exposition

Les nébuleuses de Nasser Soumi chez Agial

Par Zéna ZALZAL | mercredi, juillet 20, 2011

Une «Nebula», pigments naturels et acrylique sur bois. (DR)

« Nebula », terme latin qui signifie nébuleuse et désigne, en astronomie, un nuage immense et dense formé de gaz et de poussières interstellaires. Dans son sens figuré, il qualifierait un ensemble diffus.

Né en Palestine en 1948, Nasser Soumi vit depuis 1980 à Paris, où il est diplômé de l’École nationale des beaux-arts. Pratiquant l’art de la performance et de l’installation, il est revenu dernièrement à la pure peinture à travers une série de toiles élaborées avec des pigments naturels et de l’acrylique sur panneaux de bois. Et réunies sous l’intitulé «Nebula».

Une peinture à l’expressionnisme abstrait, qui rappelle les drippings et les pourings de Pollok, à travers laquelle Nasser Soumi s’interroge sur sa «place au sein de l’immensité de l’univers», comme l’indique la brève note d’intention qui accompagne son exposition à la galerie Agial*.

Une peinture tout en éclatements et en jaillissements de touches de «couleurs cosmiques»: brun, noir, blanc, ocre, ou encore des pointes de rouille...

C’est guidé par son intuition que Nasser Soumi dit avoir réalisé cette série dans laquelle il essaye de traduire picturalement sa propre appréhension de l’univers. Laquelle semble rejoindre l’affirmation du célèbre astrophysicien Hubert Reeves selon qui «nous ne sommes que poussière d’étoiles».

Si certaines oeuvres expriment, en effet, une certaine énergie et distillent quelque chose qui évoque des vibrations humaines aspirées par les puits de lumière ou les trous noirs de l’univers interstellaire, d’autres, par contre, paraissent tout simplement nébuleuses!

Jusqu’au 17 août.

* Rue Abdel-Aziz, Hamra. Tél. : 01/345213.




'السديم' لناصر السومي في غاليري أجيال: توازنات لونية في فضاء الكون المتشظي
مازن معروف

2011-07-25


بيروت ـ القدس العربي من مازن معروف:جمع الفنان ناصر سومي لوحاته في غاليري أجيال تحت اسم 'السديم'. لكن كل لوحة بحد ذاتها لا تقدم إلا تحت عنوان معين. تشتمل الأعمال المعروضة على شيء من التفكيك/ التجريد/ الحروفية اللونية، كما تشتمل على طاقة تطويعية عالية لدى الفنان. في تلك التنظيمات اللونية التي يبسطها سومي على الخشب، توازنات دقيقة حتى أنها تشي بفوضى نهائية في آخر المطاف. وهي قد تبدو مجرد تنظيمات لونية منمنمة ومدرجة ضمن طبقات، إلا أنها في المقابل تشتمل على كينونات صغيرة وبسيطة، وقد لا يكون لأي منها، منفردة، قدر كاف من الأهمية. تبقى المسألة في كيفية إدراجها في تلك الصيغة التجريدية اللعوب. كما أن ذلك يشي أيضا بنية مضمرة لدى الفنان في إحاطة هذه 'الفوضى' اللونية، البولوكية (نسبة إلى جاكسون بولوك) بكادر أنيق، هادئ، معافى من الصخب المبثوث في الألوان. إنها صيغ لونية لا تتدرج، بل تتألف وفقا لجمالية قاعدتها الكثافة والتكثيف كتقنية يُشدَّد عليها. هنا، يحق لنا كمشاهدين للأعمال، أن نطلق مخيلتنا بعيدا عن العنوان الموضوع لكل لوحة، وهذا إن استطعنا بالطبع. فإذ يضع الفنان عنوانا لكل عمل، فإن في ذلك حتمية بأنه يوجه حواسنا وشغفنا باللون لتشكيل مخيلة جماعية متماسكة. ذلك ان الصلة المقامة بين العنوان وكل لوحة على السواء، هي صلة، تتضمن نية الفنان بضبط مخيلة المتلقي والسيطرة عليها، وتسيير هذا المتلقي ضمن مسوغ تخييلي محدد. بالتالي، فإن انفتاح المساحة التشكيلية اللونية أمامنا، لاحتمال مقومي التجريد والتعبير فيها، يعود لينكمش ويتباطأ في مقابله ما يبثه الفنان من رغبة، لتوجيه مسار المخيلة الفردية والتفكر بالعمل، إلى فضاء محدد، معلوم لديه، قصدي، ما يؤتي على بعض الحرية المعطاة للعين أمام الكم اللوني المتناسق أمامها، كما يحد من تشتت طاقة التفاعل بين هذه العين واللوحة.
اللوحة النهائية لدى سومي هي تتابع 'منطقي' لحركة زمنية تتطور وتمضي في ضبط كيانها واستقلاليتها. هي حركة زمنية مقرونة بتعديلات، وإضافات، من خلالها تتم زيادة اللون في اللون الآخر، وبها، يتم شد المناخ المتوتر على السطح. من هذا التوتر، نخلص إلى هدوء منساب بدقة، وألق، وفي أحيان أخرى، يكون هذا الهدوء منزلقا بخفة من تحت ذلك التوتر المنفلش. وهو ما يعزز من كيان كل مساحة على حدة، لأنها تتألق هنا في تناقضاتها. انفلاش اللون، يقابله امتداد عمودي لدينامية متواصلة. وهنا يجتمع عصبان، واحد فكري، وآخر تقني بصري. ما ينسحب على مراوغة للعين، وجذبها إلى داخل العمل، روحه المستترة، وهو تأثير يكون عموديا. خصائص اللوحة التشكيلية الجيومترية، تتمثل في بعدي سطحها: الأفقي البصري، والعمودي التخييلي. وهذان العاملان، يكتملان بوجود بعد ثالث متمم، يقع خارج التقويم النقدي البصري للوحة، وهو ذلك التأثير الذي يوهمنا به الفنان من خلال فرضه عنوانا لكل عمل.
في لوحته 'رقص أسود'، لا يمكن للعين أن تغفل الكتلة السوداء المشتتة الماثلة أمامها. تبدو الكتلة للوهلة الأولى محاولة لتشكيل بدن متآلف في أجزائه، ورغم أنها تبدو مبعثرة، ومتناثرة في كتل صغيرة قريبة من بعضها البعض، غير أنها تقترن في الوقت عينه بمجموعة من الإشارات حواليها. الأسود يتخذ في هذا العمل، مقدارا من الأهمية التشكيلية والجمالية، بحيث ارتباطه بمحيط مطوَّع كذلك، خدمة للكيان الداكن المهيب. هذه العلاقة بين الكتلة - الأساس والكتلة المحيط، نستعرضها هنا كعينة لاستكشاف طريقة عمل الفنان. فالأسود لا يكون متنافرا مع محيطه اولا، ولا يظهر بكيان فاقع، يطوي تحته المحيط ويسخِّره خدمة لوجوده. في ذلك تقليص لاحتمال المتنافرات القاسية في اللوحة، كما وللمسافات بين تدرجات الالوان وأثرها على بعضها البعض. الأساس والخلفية، يطوَّعان إذن، لشد المناخ وجذب جزيئاته اللونية المكونة له. وبدلا من أن يكون هناك تضارب حاد أو تنافر مزعج ومصطنع، يعتمد الفنان المرونة في ضبط الدرجة اللونية لصالح لون آخر ذي طبيعة مختلفة. كذلك، نحصل على تماسك للحدود الفاصلة والمعلنة بين المساحات، والطبقات اللونية على الخشب، وهو ما يعوض بالتالي تناثر اللون ذي الصبغة التجريدية.
قد تكون الدينامية، في مقابل هذا الشد المتعمد في اللوحة، قاسما مشتركا كذلك لا يمكن إشاحة العين عنه. فالألوان، تتخذ شكلا ماديا، دراميا في بعض الأحيان، مستقلا، بالاعتماد على حركة الريشة أو سكين الرسم واتجاهه. والحركة هنا، تفضي إلى ضرورة إيجاد متتالية زمنية لا تتوقف. أي إيجاد صيرورة وسبب وحياة. فإخراج اللوحة من الجمود اللوني/ الركود التشكيلي، إلى فضاء مرن، لا يتم باستبعاد هذا الجمود بشكل نهائي، وإنما استثماره تلوا. فهو جمود كأرضية، يؤسس لحركة، وهو إذ لا ينفصل عن لعبة اللون ومرونته في مرحلة لاحقة، يصبح جمودا ضروريا كخلفية بعيدة جدا، ما يعزز فكرة الزمن والتتابع والتأثر والتأثير، وبالتالي دينامية وحياة بين أجزاء العمل. لا يعود ممكنا الاتكال فقط على مرونة اللون وخفته ومقدار توتره أو سلامه، لقراءة اللوحة. فالدينامية لا تتحقق إلا بوجود محيط مناقض يؤجج من كيانها، والعكس بالعكس. نلتفت كذلك إلى التناسق اللوني الدقيق، المُرتَّب كمحصلة لكل لوحة، كما ودراسة المسحات المفترض إملاؤها باللون. وهو مقوم جمالي أيضا، يرابط للمشاهد ويدفعه للدخول في مناخ السطح. لكنه كذلك، يتضمن احتمالات بإيجاد أبعاد خارج سياق عنوان كل لوحة بنفسها. ما يوجد نوعا من التضارب بين تأويل المشاهد الخاص، وأحادية الصورة أو المعنى الذي أراده الفنان. هذا جزء من طريقة سومي في التلاعب المتضادات. فهناك سيطرة للضوة والظل والبياض والاحمرار والسواد. ويمكن القول أن الفراغات المبيَّنة في اللوحة، الفراغات التي تشتمل على بياض، تضمن للفنان فرصة إفراغ إيقاعاته اللونية ومركباته المخبرية السحرية على الخشب. ما يضيف أحيانا بهجة مقلقة إلى غموض واضح وهي بهجة تظل موضع تساؤل رغم يقيننا بوجودها. في 'عمق أبيض' و'عروس غامضة'، تتجلى أكثر لعبة الكتلة والمحيط، بحيث تجزأ اللوحة إلى قسمين كلاسيكيين، ويبدو البعد التعبيري أكثر وضوحا، لا كمجرد إضافة، بل ككيان خالص. لا يعود بالإمكان هنا نسب اللوحة حصرا إلى التجريد، بل نستشعر انحراف المقوم التجريدي باتجاه التعبير.  




معرض
ناصر السومي في "غاليري أجيال"

أعماله السديمية تعد بحياة لأجيال آتية


انها المرة الاولى اشاهد 17 عملا للفنان الفلسطيني ناصر السومي في "غاليري اجيال"، شارع عبد العزيز، الحمرا. سبق وسمعنا الكثير عن هذا الفنان الذي ولد في فلسطين وترعرع في لبنان وهاجر عام 1979 ليستقر في باريس. رسم وابتكر العشرات من التجهيزات وقام بدراسة معمقة عن امور حياتية مثل زيت الزيتون وغيره، ويقدم معرضه، الذي يستمر الى 23 تموز، هذه الاعمال تحت عنوان جامع هو "سديم".
تتمحور لوحاته المختارة حول فكرة الخروج من العدم والارتفاع الى درجات الحياة الفضائية او البحرية او البكتيريولوجية الخ. كأننا امام سلسلة من الاكتشافات الارضية، فيها سلسلة متلاحقة من الاشارات الكروية، قد تكون مخلوقات او نباتات او حصى في ضيافة مساحات مبهمة الحدود، لكن فيها شبه حياة واعدة لأجيال اتية. هذه الاكوان، المتوافرة بالالاف وذات الاحجام المتنافرة احيانا، وذات الالوان المتناسقة احيانا اخرى، تروي عن مساحات جغرافية مبهمة الوقع وغير مؤهلة على ما يبدو لتدب فيها حياة لمخلوقات بشرية او حيوانية او نباتية. كرويات تتدحرج نحو هوة ما، او خطوط مختصرة ينفصل بعضها عن البعض، ولا تتواصل سوى في الاحتمالات الافتراضية، والانهيار في حركة تنازلية تستمر حتى الولوج في هوة تلاقي منطقيا نقاط تقارب ولكن خارج المرئي في اللوحات. في احد الاعمال، "الرقصة السوداء"، تبدو الخطوط المتلاحقة عموديا والهابطة بإيقاعات سريعة ومتماسكة، كأنها شلالات تتوزع فيها الاشارات كالرذاذ اللماع. ذات صبغات شبة معتمة، فيها تنقيطات مستورة احيانا وباهتة قليلا في احيان اخرى.
الحياة ليست تلك التي نعرفها او نتصورها في الفضاء. غريب هو عالم ناصر السومي. فيه بدايات معلقة بالسديم لا نهايات لها ولا تحولات ولا ارتباطات من الممكن ان تدلنا الى حلول او توقعات قد تحدث كالمعجزات، او قد تصلنا بخيط رفيع له اتصالات خفية. لا خيط ننهي معه تصوراتنا وتمنياتنا لنغلق القضايا والامور وننفذ الى نهاية تمكننا من التوقف والتنفس طويلا قبل ان نسترسل من جديد للغوص في سراديب ضيقة، عمودية او افقية او مواربةً او من خلال التعاريج. نعرف اننا سجناء المناخ الذي يفلش امامنا امكاناته واسراره وفخاخه من دون ان يعيرنا اهمية لأنه يدور في فلكه الخاص، وليس لنا فسحة جغرافية او فضائية يمكننا الانتظار فيها، عل القدر يفتح امامنا طريق الخلاص. اجد الكثير من الغموض والسواد في الاعمال الـ17 مع ان بعض اسمائها يوحي بالامل مثل "العودة الى الحياة" او "الضوء الاول" وغيرها. ننتقل الى انفجارات وشظايا وتفكك وتلاحم في اعمال اخرى، ولا يسعنا اختيار اي توجهات تعجبنا. نقف امام كل واحدة، نسألها ولا ننتظر اجوبة. نخرج بشيء من الارتباك. لكن لا تختفي من ذهننا الكرويات المتفجرة حتى علو السماء.

لور غريب   



ناصر السومي يستشف جمال الأجرام السماوية والنجوم

المصدر: البيان

 بيروت ــ وفاء عواد

التاريخ: 14 يوليو 2011

 


تحت عنوان «سديم»، يقدم الفنان الفلسطيني ناصر السومي 17 لوحة متفاوتة الأحجام ومنفّذة بالإكليريك على الخشب، تستعيد قصة نشوء النجوم، من تكتل الغازات والكتل المادية والغبار، في معرض يقيمه حالياً في غاليري أجيال (الحمرا، بيروت) ويستمرّ حتى 23 من الجاري.

ففي تجربة تجريديّة استبطانية تفيض بالإشارات والرموز، وتستخلص من المحسوس حيناً ومن اللامرئي حيناً آخر مادة يضاهي ويضارع بها الفنان حقيقة الأشياء، وفق منظاره وما أراد، يضمّ المعرض أعمالاً كبيرة وصغيرة، تبدو الصغيرة منها كما لو أنها مشاهد طبيعية وقد اختزِلت بلونين متقاربين من حيث الكثافة، في حين تبدو الأعمال الكبيرة كما لو أنها فضاء شاســـع تسبح فيه كائنات صغيرة وتجعله معتماً.

هي اللوحة لدى السومي مدوّنة تشكيليّة، لا توجد فيها مساحات حرّة ولا فراغات، وهي ذات سطح لوني تنقل الى الرائي رغبة دفينة تعتمل في ذهن الفنان وخاطره، غير توجيهية أو استباقية أو نصيّة أو خطابية، بل تتشكّل كمسرح للخوض والتحدّي والتمازج والغوص والانفلات وتعدّد القراءات والتأويلات.

وهو «سدي» السومي، المتشكّل من أجرام سماوية ذات مظهر منتشر غير منتظم، ومن غاز متخلخل من الهيدروجين والهيليوم والغبار الكوني، رغب الفنان من خلاله بالانطلاق الى الفضاء برحابته كي يضع المشاهد أمام حالتين إشكاليتين، إذ يقترن التشظّي والعشوائية المطلقان بالتناغم والتنظيم اللامتناهيين في استحضار خفايا النفس البشرية التي يجتمع داخلها الصنوان، فطغت على معظم لوحاته الألوان الباردة في توأمة ما بين الكون وحركته ضمن غنائية جذابة، واشتعال للأحاسيس في النفس البشرية، فكلا الأمرين حاضر في لوحاته في تمظهر وثاب وحركيّة بالغة وانسجام آسر.

الى ذلك، تتمحور لوحاته المختارة حول فكرة الخروج من العدم والارتفاع الى درجات الحياة الفضائية أو البحرية أو البكتيريولوجية، وكأننا أمام سلسلة من الاكتشافات الأرضية، فيها سلسلة متلاحقة من الإشارات الكروية، قد تكون مخلوقات أو نباتات أو حصى في ضيافة مساحات مبهمة الحدود، لكن فيها شبه حياة واعدة لأجيال آتية.. وهذه الأكوان، المتوافرة بالآلاف وذات الأحجام المتنافرة أحياناً، وذات الألوان المتناسقة أحياناً أخرى، تروي عن مساحات جغرافية مبهمة الوقع وغير مؤهّلة على ما يبدو لتدبّ فيها حياة لمخلوقات بشرية أو حيوانية أو نباتية.. كرويّات تتدحرج نحو هوّة ما، أو خطوط مختصرة ينفصل بعضها عن البعض.